La ministre Jérôme-Forget ne s'opposerait pas à une éventuelle fusion TSX-MX
Le 31 août 2007 - 23:58
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| La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget |
La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, tient à ce que Montréal conserve sa place boursière, mais elle n'entend pas s'opposer à une éventuelle fusion entre la Bourse de Montréal (MX) et celle de Toronto (Groupe TSX).
Faisant remarquer qu'il y avait actuellement un vaste mouvement de consolidation des Bourses dans le monde, Mme Jérôme-Forget a indiqué que dans les circonstances, ce n'était pas tant la propriété de la Bourse de Montréal qui lui importait, mais plutôt l'engagement de l'institution à rester dans la métropole.
"Pour moi, ce qui est important, c'est de garder ce rôle à Montréal, ce rôle de bourse des dérivés", a déclaré la ministre vendredi dans un entretien téléphonique avec La Presse Canadienne.
Monique Jérôme-Forget réagissait à un article du quotidien torontois The Globe and Mail qui faisait état de rencontres de haut niveau, ces derniers mois, entre la Bourse de Montréal et celle de Toronto à propos d'une fusion. Selon le journal, les parties se seraient même demandé qui pourrait diriger la nouvelle entité.
Jeudi, une dizaine des principaux actionnaires des deux Bourses ont tenu une téléconférence pour discuter des façons possibles de mettre de la pression sur les institutions afin que ces dernières en arrivent à une fusion. Plus tôt cette semaine, le courtier en valeurs mobilières Tom Caldwell, qui favorise un mariage, a investi 4 millions $ pour acheter des actions des deux Bourses.
"On ne veut pas avoir l'air d'une république de bananes!" a lancé Mme Jérôme-Forget quand on lui a demandé ce que le gouvernement québécois pouvait faire face à la situation.
"Il est clair que le gouvernement doit être vigilant et suivre la situation, a-t-elle ajouté. Ce qu'on veut, nous, c'est que Montréal demeure un endroit de produits dérivés qui grossisse et qui joue un rôle déterminant."
La ministre a toutefois refusé d'être plus précise. "Je ne prends jamais de décisions hypothétiques", a-t-elle soutenu.
Le député péquiste François Legault serait lui aussi prêt à examiner un rachat de la Bourse de Montréal par le Groupe TSX, à condition que la métropole québécoise garde sa place boursière.
"Je continue à croire que c'est mieux qu'il y ait deux organismes séparés", a-t-il néanmoins indiqué, en rappelant que la Bourse de Montréal offrait des emplois de pointe en finance.
Pour le député adéquiste Gilles Taillon, il n'y a pas de choix possible: la Bourse de Montréal ne doit pas être vendue ou fusionnée. Il estime par contre qu'aucune loi québécoise ne permettrait réellement de bloquer une transaction. Il opte donc pour la "persuasion" auprès des actionnaires de la Bourse de Montréal.
Justement, M. Legault invite le premier ministre Jean Charest à "intervenir personnellement" dans le dossier pour faire pression sur les principaux actionnaires de la Bourse de Montréal (surtout des institutions financières) afin de les convaincre de ne pas accepter d'offre publique d'achat (OPA).
"Je pense que le gouvernement du Québec a son mot à dire dans le maintien d'une Bourse à Montréal", a affirmé M. Legault.
Le porte-parole de la Bourse de Montréal, Jean-Charles Robillard, rappelle toutefois que les sociétés publiques sont tenues de soumettre les OPA à leurs actionnaires. M. Robillard n'a pas voulu confirmer que des dirigeants de l'institution avaient rencontré des représentants de la Bourse de Toronto pour discuter d'un regroupement. Il a toutefois admis que le président et chef de la direction de la Bourse, Luc Bertrand, se faisait constamment interroger sur une éventuelle transaction lorsqu'il rencontrait des investisseurs étrangers.
En 2009, au terme d'un accord de dix ans, Montréal perdra l'exclusivité des produits dérivés et Toronto entend la concurrencer aussitôt dans ce secteur.
Valeurs mobilières
Quant à la rumeur voulant que Québec soit prêt à accepter la mise sur pied d'un organisme pancanadien unique de réglementation des valeurs mobilières, évoquée vendredi par François Legault, Monique Jérôme-Forget a assuré qu'elle n'était pas fondée. Selon M. Legault, Québec songerait à "échanger" un accord sur la réglementation contre l'établissement de la Bourse canadienne du carbone à Montréal.
Or, la Bourse de Montréal s'est déjà engagée à lancer son marché climatique avant la fin de l'année, et pour s'exécuter, elle n'a besoin d'aucune autorisation gouvernementale.
De plus, la ministre prononcera cet automne des discours afin de défendre l'existence d'organismes réglementaires provinciaux. Elle le fera notamment devant l'Institut des fonds d'investissement du Canada, à Toronto, en octobre.
"Je serai en terrain hostile", a-t-elle relevé, faisant allusion à la position de l'Ontario en faveur d'un organisme unique.
Le titre de la Bourse de Montréal a clôturé à 31,15 $ vendredi, en hausse de 3,3 pour cent, tandis que celui de la Bourse de Toronto a bondi de 5,6 pour cent pour terminer la séance à 44,50 $.

© La Presse Canadienne, 2009



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